Quatre!

 

C'est le nombre de sections romandes présentes cette année à Baar avec Neuchâtel;, Estavayer-le-Lac, La Chaux-de-Fonds et Riviera. Une misère lorsque l'on réfléchit au potentiel de l'arc lémanique. Entre les lacs et les piscines, il y a pourtant de quoi faire... Pire. Faute de nageurs pour former une équipe, Lausanne a même déclaré forfait avant l'heure. Quid. Y aurait-il pénurie de sauveteurs? Pas du tout.

 

Avec une cinquantaine d'équipes, plus de mille nageurs se relayant durant deux jours de compétitions, les Championnats de Suisse de la discipline attirent chaque année énormément de monde. Enormément de monde, oui. Mais à 99% des Suisses alémaniques...

 

Il est vrai que l'on imagine mal des sauveteurs s'affronter lors de joutes sportives. "Ce n'est pas toujours bien ancré dans nos moeurs et nos traditions, avoue Raphaël Durgniat, président de la section Riviera. Au contraire, les équipes d'outre-Sarine sont très bien équipées avec leurs propres entraîneurs, des tentes aménagées, des survêtements, des drapeaux... La totale quoi! Nous avions juste un T-shirt sur le dos pour notre première participation!" Mais cela n'explique pas tout de cette désertion romande des bassins. Et le mérite des Montreusiens en est d'autant plus grand qu'ils alignaient deux équipes cette année : une mixte et un féminine.

 
   
  De derrière à devant et de gauche à droite:

Raphaël Durgniat, Mélanie de Joffrey, Aude Shali,
Christophe Tacchini, Laeticia Kern, Sami Schonne,
Claire Fleury, Jennifer Bystritzsky et Fabienne Gaudard
     
L'autre problème et non des moindres, c'est aussi l'entraînement. "Tout bonnement pourrait-on dire! Il faut avoir le temps, les créneaux et le matériel pour que l'équipe s'exerce correctement aux différents relais. De quatre, nous sommes ainsi passés à huit entraînements cette saison. C'est énorme. Il n'y a pas de miracle si l'on veut que les gestes et les réflexes soient justes! Nous avons aussi investi dans une planche et des cordes (avec harnais) de sauvetage. Et ce n'est pas donné, même d'occasion: environ 2000 francs. Mais c'était le prix à payer car jusque-là nous nous entraînions avec une planche à voile! La stabilité n'est pas du tout la même."

Aujourd'hui, les résultats sont là. 43ième au général l'an passé, les Vaudois se sont cette fois-ci classés 23ième et 27ième pour l'équipe mixte et celle des filles. De quoi fêter dignement les vingt-cinq ans de la section Riviera. "C'est un progrès encourageant pour l'avenir. Mais il nous faudra bien trois ou quatre ans pour être performants, connaître toutes les subtilités des règlements et ne plus commettre d'erreurs de jeunesse." confirme Raphaël Durgniat qui a déjà décidé de remettre ça en 2005 à la Chaux-de-Fonds.

(Article tiré de "La Presse Riviera Chablais")